Lutte anti-COVID: une Europe à plusieurs visages

De toutes parts des voix s’élèvent contre la stratégie de gestion de crise à la française. Equipements de protection insuffisants, logistique parfois défaillante, stratégie de confinement, lenteur administrative… La critique porte sur de nombreux aspects de la réponse de notre pays à cette situation. On récite à longueur de journées les louanges de ceux qui auraient mieux réussi.

Certains pays sont cités en exemple, en particulier la Corée [gestion remarquable de l’épidémie], la Suède [épidémie maintenue, selon certains, « à un niveau qui serait acceptable », et ce sans réel confinement] et l’Allemagne [confinement très tardif dans certains Lander, et bien moins « douloureux » qu’en France].

Certains commentateurs [souvent érigés en auto-experts], vont même jusqu’à affirmer que tout cela ne servait à rien : le nombre de morts serait finalement le même, que des mesures soient prises ou non. En général, ils se servent du cas suédois « vous voyez, la catastrophe annoncée n’est jamais arrivée ».

Les indicateurs

Pour évaluer finement les stratégies des différents pays, il convient de ne pas se tromper d’indicateur. Le nombre de cas déclarés ne sert strictement à rien, étant donné la dispersion des stratégies de test suivant les pays [la valeur absolue et fausse ; la tendance l’est également bien souvent]. L’évolution du nombre de personnes en réanimation est un bon indicateur de tendance [il convient cependant d’avoir préalablement vérifié la capacité sanitaire du pays observé]. Il existe également de nombreux indicateurs avancés, tels les consultations chez les médecins généralistes [via le « réseau sentinelle » pour la surveillance des infections respiratoires aigües], le taux d’appel aux urgences pour suspicions COVID [indicateur retenu pour la carte verte / orange / rouge]. Il s’agit cependant de mesures franco-françaises, très utiles pour aider nos dirigeants prendre des décisions, mais non disponibles pour effectuer une comparaison internationale.

L’indicateur universellement disponible le plus judicieux est selon moi le nombre de morts. Il convient cependant de le prendre avec des pincettes : il n’est nulle part exhaustif, comprend un effet retard important [délai médian de plus de 20 jours entre l’infection virale et la survenue d’un décès], et doit toujours être interprété. Pour ne prendre que quelques cas autour de nous :

  • Au Royaume Uni, le nombre de cas est sous-estimé d’au moins 40%, seuls les morts en établissement hospitaliers étant comptabilisés [correction en cours]
  • Idem en Espagne et en Italie, à ma connaissance
  • En France, on comptabilise les décès dans les EHPAD, mais pas ceux qui ont leu à domicile ou dans la rue [on les sous-estime également mais d’un facteur moindre, celui-ci restant toutefois significatif] [1].
  • En Belgique, le comptage est probablement le plus exhaustif du monde [12]
  • Je ne parlerai même pas du comptage des morts aux Etats Unis… Correct dans certains Etats; dans d’autres, il s’agirait presque d’une sous-estimation « à la chinoise » [ce qui est déjà préférable à une sous-estimation à l’Egyptienne, voire à l’Iranienne].

Par ailleurs, certains médecins font état de cas d’AVC causés par la COVID qui ne seraient pas correctement comptabilisés.

Le facteur de sous-estimation de cette mortalité directe est probablement nul ou quasi-nul en Belgique [1 à 1,2], d’au moins 1,3 ou 1,4 en France [prise en compte de la mortalité en EHPAD, mais pas à domicile], et 1,7 [voire plus] outre-manche [jusqu’à maintenant], de l’autre côté des Pyrénées, des Alpes… Sans parler des Etats Unis.

Il faut donc prendre donc avec des gants ces valeurs absolues.

Mais cela ne remet bien évidemment pas en cause la forme des courbes des décès. Celles-ci sont réellement représentatives sur une de temps période significative [il faut en effet faire attention aux dimanches et aux jours fériés : il y a souvent des rattrapages le jour ouvrable suivant]. Il faut également faire attention aux changements de périmètre [par exemple, intégration des données des EHPAD en France [mouvement similaire en cours au Royaume Uni].

Si ces données doivent être prises avec des pincettes, il s’agit quand même du meilleur indicateur possible pour effectuer une comparaison entre les pays d’Europe, d’Asie du Sud Est [hors Chine] et les Etats Unis.

L’échelle linéaire, sur une période moyenne ou longue, n’est pas adaptée à la représentation d’une courbe épidémique.

En effet, une épidémie se développe de façon exponentielle jusqu’à ce qu’elle se heurte à l’immunité de groupe. Elle est assez bien représentée par une réaction en chaîne [ex : un neutron fissionne un atome, ce qui libère un grand nombre de neutrons, qui eux-mêmes vont fissionner de nouveaux atomes]. Dans le cas d’une épidémie, avec un R0 de 3, une personne infectée va en infecter 3 autres, qui eux même vont chacun en infecter 3,… Au 14ème maillon de la chaîne, on dépasse le million de personnes infectées.

Ci-dessous un exemple schématique du blog de David Louapre [développement d’une épidémie en France jusqu’à l’atteinte de l’immunité de groupe].

https://sciencetonnante.wordpress.com/2020/03/12/epidemie-nuage-radioactif-et-distanciation-sociale/

Dans ce cas de figure, on a l’impression que l’épidémie ne progresse qu’à partir du 45ème jour. Alors qu’en réalité, elle progresse de manière géométrique à peu près équivalente pendant les 70 à 80 premiers jours [ex : + 20% de cas en plus chaque jour]. Mais on ne le voit pas sur un échelle linéaire longue. Il faut soit une échelle logarithmique, soit diviser la courbe en périodes d’une dizaine de jours. Ce point est très bien montré sous le lien suivant :

La croissance de la courbe est exponentielle dès le début, mais on ne s’en rend compte que sur une échelle de temps courte [sur une échelle de temps longue, elle semble aplatie au début].

Nous avons de très bon spécialistes de Data-visualisation en France [par exemple, au sein du quotidien Libération], mais ceux-ci travaillent principalement sur des courbes franco-françaises ; ils exploitent cependant également des comparaisons internationales qui viennent souvent d’autres sources.  A lire : leur excellent article sur ces sujets [2].

Où trouve-t-on les meilleures comparaisons internationales ?

Il y a, bien évidemment, la carte dynamique de la John Hopkins University of Medecine [USA], référence mondiale en épidémiologie :

https://coronavirus.jhu.edu/map.html

Mais, selon moi, pour évaluer de manière fine les situations épidémiques des différents pays, il faut aller chercher l’information de l’autre côté de la Manche, chez John Burn-Murdoch [Financial Times, Senior Data-visualisation specialist]. Il utilise d’une échelle logarithmique [changement d’échelle de l’ordonnée], la mieux à même de représenter correctement une progression exponentielle. Voir l’explication dans la vidéo ci-après.

https://twitter.com/janinegibson/status/1244519429825802240

Une échelle logarithmique représente parfaitement le taux de R0 (taux de contagion) : si on obtient une droite, cet indicateur est stable ; si celle-ci s’aplati, cet indicateur baisse.

Ci-dessous le nombre de décès COVID-19 déclaré par le pays :

Ce graphique est remarquable : tout y est. Les mesures de confinement [étoiles], et le nombre total de morts déclarés. La forme de la courbe est importante. Plus la pente de la courbe est horizontale, plus l’épidémie est maîtrisée. On constate bien l’impact retard [une vingtaine de jours] des mesures de confinement pris dans les différents pays.

Autre courbe toujours réalisée par J B-M : l’évolution du nombre de morts journaliers. Pas de grande surprise. On remarque bien les effets de la date du confinement sur la forme de la courbe après 2 à 3 semaines. La courbe de l’Allemagne, dont le confinement général a été décrété plus tard [celui-ci avait toutefois été mis en place dans de nombreux Länder] baisse plus tardivement que la courbe française. On constate par ailleurs que le pays d’Europe de l’Ouest ayant prix les premières mesures de confinement [l’Autriche] est celui dont la courbe a baissé le plus vite

Un dernier graphique très intéressant de J B-M, est basé sur la comparaison [sur une échelle linéaire mais propre à chaque pays] entre la mortalité toutes causes confondues par rapport à la moyenne des années précédentes [pour neutraliser l’effet de sous-déclaration de cas mortalité COVID]. On constate que la province de Bergame a été la deuxième plus touchée du monde [+463%], après Guayas en Equateur [+ 487%] et devant New York [+ 387%]. On constate également l’efficacité des mesures de confinement à Bergame, Madrid, et en Île de France. En revanche, la courbe de Stockolm montait encore le 19 avril [semi-confinement suédois], et celle de Londres continuait sa hausse le 17 avril [Le Royaume Uni est l’un des derniers pays européens à avoir mis en place des mesures de confinement].

Cette comparaison entre les villes est importante. En effet, si l’on prend le cas de la France, [voir article « le meccano du déconfinement »], l’épidémie a été contenue grâce au confinement à des niveaux très bas dans une partie de la France [ouest principalement], alors que l’Île de France et certains départements du Grand Est ont été très touchés. La moyenne France est la somme de situations locales diverses; cette donnée risque d’être mal interprétée si on le prend pas en compte.

Mais, même ces données statistiques présentent des imperfections. Dans certains pays, ce type d’information est parfois publié tardivement ou avec des éléments non exhaustifs [2].

Quoiqu’il en soit, les courbes représentant la mortalité dans ces zones urbaines montrent de manière indiscutable l’efficacité du confinement au sein de ces clusters. N’en déplaisent à ceux qui continuent à dire sur les antennes que cela n’aura servi à rien.

Mais le confinement n’est pas tout ! Et rien ne vaut un regard étranger pour prendre du recul par rapport à ce que l’on entreprend. Et, qui mieux que des français experts dans le domaine médical, habitant dans un des pays pays voisins de la Chine, de ceux qui ont le mieux géré l’épidémie [Singapour] ou en Chine du Sud Est [Shanghai] pour établir un diagnostic sérieux sur la qualité des mesures prises dans chaque pays.

Le « scoring »

Ci-dessous le tableau d’évaluation des mesures proposé par un groupe de médecins français d’Asie du Sud Est [16 avril] sur le site CovidMinute.com.

Chaque Item est évalué. La France se situait, le 16 avril, dans la catégorie C [la moins favorable], au même niveau que la Suède, mais derrière l’Allemagne, et surtout… Loin derrière la République Tchèque. Pour quelle Raison ? Problèmes de masques, manque de tests, pas de suivi des contacts, pas d’isolation des personnes testées positives, … Le confinement n’est pas l’alpha et l’oméga de la maîtrise épidémique. A priori, si cette analyse était réitérée aujourd’hui, et qu’elle prenait en compte l’ensemble des mesures annoncées par le premier ministre [mais pas encore mises en œuvre], ce score devrait monter sensiblement dans notre pays.

Quel est le seul pays d’Europe qui obtient la note maximale sur ce tableau [A] ? La République Tchèque, qui, à l’image des autres pays d’Europe Centrale a réussi à remarquablement maîtriser la courbe épidémique.

Pourquoi ?

L’exemple de la République Tchèque

NB: Il s’agit d’un tableau comparatif du nombre de morts par millions d’habitants: attention, cet indicateur doit être appréhendé avec des pincettes étant donné la sous-estimation dissymétrique du nombre de morts entre les différents pays [la Belgique est le pays qui sous-estime à priori le moins ses morts, devant la France, qui elle-même devance le Royaume Uni, l’Espagne et l’Italie; je n’ai pas d’information à ce sujet concernant les Pays d’Europe Centrale et Orientale].

Comment cette partie de l’Europe, moins riche, a réussi à contenir l’épidémie à un point aussi bas ? Il convient de répondre à la question inverse : pourquoi la Chine et les pays occidentaux ont eu bien plus de mal à contenir l’épidémie ?

En Chine : Excès de confiance de Georges Gao en Chine [responsable du CDC], qui l’a conduit à annoncer début 2019 qu’une épidémie telle que le SRAS ne pourrait jamais revenir, le pays ayant mis en place un système d’alerte qui ne devait rien laisser passer [voir article la Chine…]. Il en aura finalement été autrement : à Wuhan, personne n’a déclenché le système d’alerte pour ne pas mécontenter le pouvoir local. Georges Gao ne l’a appris, de Pékin, qu’en allant surfer sur des réseaux non autorisés. Et le confinement du Hubei n’a été décidé que 3 semaines plus tard, 48 heures après le déroulement du banquet réunissant des dizaines de milliers de personnes pour fêter le nouvel an chinois. La réaction du régime a finalement été massive. Mais trop tardive.

En Occident : Biais d’excès de confiance, entre autres biais cognitifs des responsables politiques et de certains scientifiques de la France, du Royaume Uni, de la Belgique et des Etats Unis.

Les PECO ne semblent pas avoir été victimes de ces biais, et ont agi de manière beaucoup plus déterminée [3] [4].

Pourquoi ?

  • Ils ont eu un peu plus de temps pour se préparer [première infection pendant les premiers jours de mars en Europe Centrale ; fin janvier en Italie]
  • Leur population est plus âgée que celle de l’Europe de l’Ouest, ce qui les a rendus plus conscients de leur fragilité
  • Ils étaient également conscients de la vulnérabilité de leur système de santé
  • La petite taille de leur pays les a conduits à ne pas se regarder le nombril, mais à chercher des solutions ailleurs, en l’occurrence à s’intéresser aux meilleures pratiques implémentées par premiers de cordées [Chine, Corée du Sud, Singapour, Taïwan], y compris l’obligation de porter des masques, et ce dès la fin du mois de mars.
  • Ils ont fermé leurs frontières et confiné leur population extrêmement tôt [quelques jours seulement après avoir monitoré le premier cas en République tchèque]
  • Ils ont pris toutes les mesures préconisées par les meilleurs experts de l’ASEAN [y compris le ciblage, les tests massifs, la recherche des contacts, les masques en République Tchèque]
  • Leurs dirigeants montrent l’exemple, comme les dirigeants des pays d’Asie [ex : port du masque]

Résultat : ils sont déjà en train de se déconfiner. En effet, le paradoxe du confinement est que, finalement, les pays qui en souffriront le moins économiquement sont ceux qui l’ont institué le plus tôt dans la phase épidémique [donc dans lesquels cette phase dure le moins longtemps, voir article le meccano du déconfinement]. Ils restent vigilants, en maintenant le « social distancing » et le port du masque.

Hors Union Européenne, l’exemple marocain

Un autre pays dont l’action est remarquée par nos compatriotes de COVID minute : Le Maroc [5]. En effet, ils ont pris sans sourciller les mesures ci-dessous :

  • Application du classique 3M [masque, mains, mètre] ; depuis le début du mois de mars, les usines textiles du pays se sont mises à produire des masques.
  • Confinement
  • Désinfection
  • Isolement des personnes infectées [y compris à l’hotel] et suivi des contacts
  • Hôpital de 700 lits construit en 15 jours à Casablanca
  • Montée en charge des lits de réanimation
  • Aides aux conséquentes aux salariés et aux entreprises touchées [aides directes, report des échéances, exonération des charges sociales, BFR des entreprises garanti par l’Etat…]

Covid minute résume leur action en 2 points :

  • Proactivité et anticipation plus que réactivité et demi-mesures
  • Mental de temps de guerre : l’action prime sur les discussions

Plus d’action, moins de Blabla! Une belle leçon reçue de la part du Royaume Chérifien, dont le la complexité du système administratif n’a pourtant probablement pas grand-chose à envier au nôtre. Assez douloureux lorsque l’on met ce principe en perspective de de ce qui se passe chez nous sur certains sujets, en particulier l’autorisation d’effectuer des tests virologiques par les laboratoires vétérinaires et universitaires [création de 3 comités et cellules de crise réunissant des dizaines de fonctionnaires, recours à deux cabinets de conseil en stratégie… Qui pour l’instant n’ont pas encore réussi, après 45 jours, à solutionner le problème].   [voir article de Mediapart concernant les tests, note n° 10 de l’article «le Meccano du déconfinement »].

Le Maroc applique parfaitement le principe énoncé par Michael Ryan, de l’OMS [13 mars] : « If you need to be right before you go, you will never win. Perfection is the ennemy of the good when it comes to emergency response […] The greatest error is not to move » : lorsque l’on est dans une situation d’urgence, il faut privilégier une réponse rapide à une réponse parfaite : la perfection est l’ennemie du bien. La plus grande erreur est de ne rien faire. »

Bilan au 29 avril [Maroc] : 170 décès comptabilisés, pour une population deux fois moindre que la nôtre [nb: je n’ai aucune information précise concernant le degré de sous-estimation de la mortalité COVID dans ce pays. Cependant, selon le site Covid minute, les services de réanimation marocains ne sont absolument pas saturés. Le facteur de sous-estimation y est donc probablement relativement modéré].

La Grèce peut également être citée en exemple [mise en place rapide de mesures efficaces, bien respectées]. Voir conclusion et note notes [11] & [17].

Humilité, recherche des meilleures pratiques dans les autres pays, action déterminée et rapide, avant que le problème ne s’aggrave. Il s’agit des principes appliqués par les pays ayant eu la réponse la plus efficace à la crise. En Asie du Sud Est, en-dehors du trio classique Corée du Sud, Singapour, Taiwan [6 décès dans ce pays] dans lequel la pandémie a été très bien gérée, il convient également de citer le cas du Vietnam [0 décès officiel].

Nous citons souvent l’Allemagne et la Suède en exemple. En quoi ont-ils été meilleurs que nous ? Les mesures qu’ils ont mises en places auraient-elles été applicables dans notre pays ?

L’Allemagne

Ce pays était classé B par le site covid minute le 16 avril, alors que nous étions classés C. Pourquoi ?

Principalement en raison de leur meilleur ciblage des populations à risques, qui ont bénéficié de mesures spécifiques, de la massification des tests, de la mise en place de très nombreuses équipes chargées de faire de l’épidémiologie de terrain [suivi des contacts].

Nous avons réagi, de part et d’autre du Rhin, de façon très différente. Pourquoi ?

Ci-dessous un extrait d’un témoignage d’une française habitant à Berlin [7] :

« Il est tout d’abord bon de rappeler les basiques: la France est un état unitaire centralisé, ce qui signifie que tous les citoyens sont soumis au même et unique pouvoir, lui même centralisé dans un même lieu: Paris. Pour cette raison, les décisions politiques françaises tombent “d’en haut”, sans discussion ni aménagement territorial ou régional.

A l’inverse, l’Allemagne est un état fédéral composé de 16 entités autonomes, les Länder, dotés de leur propre gouvernement, et qui légifèrent dans de nombreux domaines, dont la santé. Chaque Land est donc à la fois libre et responsable des budgets alloués à ce domaine. Grâce à un principe de solidarité, les Länder les plus riches paient pour les autres, permettant alors à chacun d’avoir un budget correct pour soigner la population. Chaque région peut aujourd’hui choisir son degré de confinement en fonction de l’avancée de l’épidémie.

C’est ainsi que les régions de l’ouest du pays le Baden-Württemberg, la Sarre et la Bavière, les plus touchées par l’épidémie, ont opté pour un confinement proche de celui de la France [à peu près aux mêmes dates avec, pour la Bavière, la fermeture des écoles et université le 13 mars et la limitation des déplacements et des rassemblements le 16 mars], ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions.[…] Le fédéralisme implique aussi qu’Angela Merkel ne prenne pas de décision d’Etat seule mais de concert avec les 16 présidents de région.

Il ne faut pas oublier que l’histoire récente de l’Allemagne la rend très sensible et méfiante au sujet de la concentration des pouvoirs. Tant que l’Etat d’urgence n’est pas décrété (ce que la Loi Fondamentale permet mais qu’Angela Merkel a réussi à éviter jusqu’à présent), les Länder ne sont donc pas limités dans leur prise de décisions en matière de santé. »

Contrairement au Président la de République française, qui a pris seul la décision de fermer les écoles, les lieux publics et de limiter les rassemblements [discours du 12 mars], la Chancelière allemande, elle, a informé la population de son pays, discuté avec les parlementaires et les régions. Elle ne prend pas les décisions. Elle exerce son influence pour conduire à ce que les décisions soient prises.

Par ailleurs, les personnalités d’Emmanuel Macron [« Jupiter »] et d’Angela Merkel [« Mutti] sont diamétralement opposés.

Au début de sa carrière, la chancelière allemande était une physicienne. Elle a soutenu une thèse sur le sujet suivant : « Étude du mécanisme des réactions de décomposition avec rupture de la liaison simple et le calcul de leurs constantes de vitesse sur la base de la chimie quantique et des méthodes statistiques ». Elle a donc une certaine maîtrise des concepts scientifiques complexes, des études statistiques, et intègre dans ses réflexions une part d’incertitude. Ce qui est un handicap dans certaines situations. Pour gérer la crise du COVID, cela a au contraire été une grande force. Lorsqu’il s’est agi de chercher un expert sur le dossier COVID, elle n’a pas tergiversé, elle n’a pas sélectionné de comité scientifique. Elle a fait confiance au meilleur, Christian Drosten [9], avec lequel elle est en dialogue constructif permanent. Co-découvreur du virus SARS-CoV en 2003 [SRAS], le directeur de l’institut de virologie de Berlin a inventé avec ses équipes un test PCR pour le Covid-19, disponible dès la mi-janvier 2020, qu’il a mis à la disposition du monde entier. Virologue expert, il manie également parfaitement l’épidémiologie. Son fil twitter est passionnant.

Selon le magazine The Atlantic [8], « the chancellor and the virologist “are very trustworthy.” People know “that what they get from both Drosten and Angela Merkel are real and very well-considered facts” and that the two also “share information about what they don’t know.” Because they are “honest with respect to their information,” he said, that information is seen as credible. » : Honnêteté intellectuelle, respect mutuel, relation d’égal à égal.

Avec l’équipe de Christian Drosten, mais également avec les différents agences allemandes tel l’institut Robert Koch, l’écosystème allemand de réponse à la menace épidémique se met très vite en place. La stratégie, à la Coréenne, est simple : Test + contact tracing. En clair : généralisation des tests et recherche des contacts par une épidémiologie de terrain. Angela « Mutti » Merkel est celle qui aide, qui facilite, qui conseille, qui met en garde, tant pour la mise en place de cet écosystème que pour la mise en place des mesures de contrôle de l’épidémie.

Mais la réponse allemande cependant ses limites :

  • Depuis le déconfinement d’une partie de l’Allemagne [20 avril], le R0 [indicateur de contagion] est en train de remonter dans le pays [à 1 environ]. L’épidémie semble donc avoir arrêté sa décrue. On peut donc s’attendre à ce que le nombre de morts arrête de baisser d’ici une dizaine de jours [malgré les nombreux messages d’alerte de Christian Drosten, considéré par certains comme le méchant homme qui paralyse l’économie, et d’Angela Merkel].
  • Si l’Allemagne a fait preuve d’une certaine solidarité européenne en accueillant un petit nombre patients français et italiens, ce pays a toutefois fait preuve d’une compassion limitée envers nos voisins latins [interdiction d’exporter du matériel médical le 4 mars alors que l’Italie était en pleine vague épidémique, refus des Coronabonds,…].

La France aurait-elle pu faire aussi bien que l’Allemagne ? Sans doute pas. Nous sommes un pays latin : contrairement à ce pays, nous avons tendance à nous « retrouver très fréquemment autours de dîners et autres repas de famille ». Par ailleurs, nos grandes villes sont bien plus denses. Par exemple, « la ville de Berlin fait 9 fois la superficie de Paris et est 2 fois moins peuplée que la capitale française, avec près de 50% de la ville en espaces verts. ».

Nous sommes également naturellement moins enclins à l’auto-discipline [même si c’est un cliché, c’est quand même en partie vrai].

En France, autant l’hôpital public a été remarquablement bien préparé, autant les dispositifs de tests et de contact tracing n’ont jamais été correctement dimensionnés. Si nos dirigeants avaient écouté les bons experts dès la fin du mois de janvier [et pas ceux qui leur disaient que ce n’était rien d’autre qu’un petit rhume], et que notre administration s’était entièrement consacrée au combat contre l’épidémie au lieu reprendre de plus belle ses luttes de chapelles, nous aurions peut-être pu faire bien mieux. Mais jamais aussi « bien » étant donné les différences culturelles entre nos deux pays [densité, mélange de générations, respect des règles].

Par ailleurs le système centralisé et dirigiste à la française imprègne tellement nos concitoyens que certains responsables d’exécutifs locaux (maires ou présidents de conseils généraux) se plaignent car ils estiment que, tel qu’il est conçu, le plan de déconfinement leur donne une trop grande part de responsabilité, donc les expose aux critiques. L’autonomie est un apprentissage.

(Les maires sont toutefois pris entre le marteau et l’enclume, entre les exigences de prise en charge de leurs enfants de certains de leurs administrés et les risque de poursuites pénales en cas de nouvelle infection dans le milieu scolaire).

Le « modèle » suédois

Pas de mesure stricte de confinement, mais les Lycées et les Universités ont été fermés, les rassemblements de plus de 50 personnes interdits, et des mesures importantes de ciblages des personnes à risque ont été mises en œuvre [personnes âgées, comorbidités]. La population fait preuve d’une assez grande autodiscipline : le télétravail est largement développé, il y a trois fois moins de monde qu’avant dans les rues, les restaurants et cafés sont très peu fréquentés. Dernier point : comme les villes allemandes, les villes suédoises sont plus aérées que les villes d’Europe du sud [ce qui est un avantage].

Mais, environ avec 1000 décès à Stockolm [si l’on compte l’excès de décès par rapport à la moyenne des dernières années], et une pente qui continuait à être ascendante au 14 avril, la situation sanitaire de cette ville est plutôt moins favorable que celle que l’on constate en Île de France [Stockolm : excès d’environ 1000 morts par million d’habitants ; Île de France : excès d’environ 800 morts par million d’habitants]. En terme taux de mortalité, en statique comme en dynamique, le modèle suédois ne semble pas en être un quand on compare les données disponibles dans nos capitales respectives.

[Ajout du 3 mai] La réaction suédoise est par ailleurs assez bien expliquée grâce aux tweets du 8 avril de David Steadson [entre autres épidémiologiste] [13]. En résumé :

  • Le pouvoir du gouvernement est très limité [même si une loi promulguée début avril a légèrement accru son périmètre d’action]. Il n’a pas vraiment les moyens de limiter le droit d’aller et venir
  • Les décisions sont prises par l’administration / les agences du domaine de la Santé. Les politiques n’ont que très peu leur mot à dire [en raison de règles anti-corruption]
  • Tegnell, l’épidémiologiste en chef [celui qui a le plus de pouvoir], était un disciple de Chris Witty, le promoteur de l’immunité de groupe au Royaume Uni. [14] [18]

Et, selon un article de Slate US [15] :

  • En raison du grand conformisme de la population suédoise, les voix dissonantes n’ont [presque] pas de droit de cité dans la Presse, qui, presque unanimement, dresse les louanges de la réponse du pays. Ce qui est favorisé par le “complexe de supériorité” suédois.
  • Les recommandations des “experts” suédois ont, sur certains sujets, plusieurs mois de retard sur le consensus scientifique des pays à la pointe de la lutte anti-Covid.

L’un des derniers tweet de David Steadson est assez éclairant sur ce dernier point:

Meanwhile, Swedish experts are philosophising about some of the greatest mysteries of the face-mask #COVID19 – « If you have the virus it may protect others, but to recommend it generally is a much more difficult question » – « It’s about using the protection in the right way »

Toujours pas de recommandation Scientifique dans le pays concernant le port du masque par les personnes qui ne sont pas malades. Tiens, cela me rappelle vaguement quelque chose.

Le « modèle suédois » est cependant remis en cause un certain nombre de scientifiques et de soignants du pays [16].

Dernier point, concernant les représentations statistiques « à la suédoise »: ils ont une méthode de comptabilisation des morts très particulière: leur comptage n’est pas exhaustif dans un premier temps, et ils appliquent les corrections sur les jours précédents: leur courbe des décès a donc toujours l’air de s’aplatir…. Avant d’être corrigée plusieurs jours plus tard.

Appliquer le « modèle suédois » en France. Est-ce vraiment possible / envisageable / souhaitable ?

Concernant les autres pays :

Après des mois de lutte acharnée, la situation s’améliore heureusement en Espagne et en Italie [le confinement y a été le plus strict de toute l’Europe: en Espagne, les enfants n’ont pas eu le droit de mettre le nez dehors du 14 mars au 26 avril]. Le virus ayant avancé à bas bruit dans ces pays avant que les premières mesures ne soient prises, le déconfinement y est très graduel car le COVID est toujours présent [les écoles y resteront fermées jusqu’en septembre].

La Belgique : Le confinement y a été assez tardif [18 avril] et le pays est relativement densément peuplé. Le nombre de décès comptabilisé rapporté à la population y est le plus élevé du monde. Cependant, cette comparaison est à prendre avec des pincettes [méthode de comptage bien plus large que dans les autres pays].

Conclusion :

Il existe un certain nombre de règles de contrôle épidémique (voir tableau Covid minute). Certains pays choisissent volontairement de s’en affranchir en partie (Suède) mais bénéficient en partie de l’auto-discipline de leur population et de leur faible densité. D’autres en appliquent une partie avec retard (France, Royaume-Uni, Belgique). D’autres encore en appliquent parfaitement certaines, et moins bien d’autres (Allemagne). Certains appliquent parfaitement toutes ces règles, en tirent les bénéfices (PECO, Maroc), et sont en mesure de faire repartir leur économie assez vite (République Tchèque, Autriche, Danemark). Il n’y a rien de magique : les situations épidémiques des différents pays s’expliquent assez bien de manière globale. Il est en revanche bien plus délicat de mettre au point des modèles épidémiques prédictifs et précis [paramètres très nombreux, et parfois difficiles à quantifier, en particulier la prise en compte des différentes réalités sociologiques et locales, les possibilités d’action partiellement immunisantes de la nicotine ou le fait qu’une partie de la population pourrait bénéficier d’un certain niveau d’immunité en raison d’une infection antérieure par un autre coronavirus].

Le COVID dessine une nouvelle carte Européenne. Deux pays du Sud ont malheureusement été submergés très tôt par la vague épidémique [Espagne, Italie]. Ils ont été touché en leur coeur [en sa capitale pour l’Espagne, et en son poumon économique pour l’Italie]. Les autres pays Européens ont eu un peu plus de répit. Certains ont réagi rapidement [Portugal, Danemark, Pays d’Europe Centrale et Orientale, Grèce, pays scandinaves hors Suède], d’autres un peu plus tardivement [France]; voire encore plus tardivement [Royaume Uni, Belgique]. Certains, qui se sont confiné plus tard, et ont mis à profit leurs atouts scientifiques, organisationnels et technologiques pour construire une réponse adaptée bien qu’incomplète [Allemagne]. Certains de ceux qui ont réagi avant que l’épidémie ne soit réellement installée sur leur sol [PECO, Danemark, Autriche] sont déjà en phase de déconfinement. La nouvelle carte Européenne n’est plus une carte Nord contre Sud, Ouest contre Est. Elle est plus complexe. Selon le titre d’un article de l’Express, « la Grèce [qui, consciente de ses faiblesses, a réussi à très bien contrôler l’épidémie, avec 143 morts au 1er mai] n’est plus le mouton noir de l’Europe » [11].

En France, le front épidémique a clairement reculé ces dernières semaines. Le confinement a bien fonctionné et les mises au vert des parisiens ont finalement très peu disséminé le virus dans le pays malgré les craintes des uns et des autres [voir article le meccano du déconfinement]. La France est, hors zones de concentration urbaine, un pays modérément dense, ce qui nous est favorable. La situation des cluster (IdF, Grand Est) reste préoccupante, et le retour au travail d’une partie de la population francilienne sera délicat à gérer [les transports en commun sont l’un des plus grands lieux des nouvelles infections en zone urbaine, voir étude concernant les contaminations à New York [10]] mais on peut néanmoins être (modérément) optimiste au sujet de l’évolution de la situation dans les semaines à venir.

 [1] Approche du facteur de sous-estimation de la mortalité du COVID selon les informations du syndicat MG France : environ 9000 personnes non comptabilisés, pour environ 23 000 comptabilisés au 26/04/2020, soit un facteur 1,4 [32 000 / 23 000]. Autre information, le chiffrage définitif de la mortalité supplémentaire causée par la canicule de 2003 a été effectué 4 ans après.

https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200426.OBS28021/un-syndicat-de-medecins-estime-a-9-000-personnes-mortes-du-covid-19-pas-comptabilisees.html

 [2] Voir article intéressant concernant la comparaison internationale. Il faut environ une dizaine de jours pour en France pour obtenir les statistiques de mortalité, et jusqu’à huit semaines aux Etats Unis. Par ailleurs, ces données sont quelque peu subjectives [quelle partie de l’évolution est attribuable au COVID ? A d’autres affections, éventuellement non soignées?  A l’évolution des suicides ? A la baisse de la pollution ? De la mortalité routière ?].

https://www.liberation.fr/checknews/2020/04/26/l-etude-de-la-surmortalite-donne-t-elle-les-vrais-chiffres-du-covid-19-au-dela-des-bilans-officiels_1786454

L’article parle d’un autre indicateur intéressant, basé sur une analyse multicritère : le Z score, représentant l’excès de mortalité dans 28 pays.

Z score https://www.euromomo.eu/graphs-and-maps/

[3] Article du Financial Times concernant les PECO

[4] Article d’Inside Over concernant l’Europe Centrale

https://www.insideover.com/politics/central-europe-listened-to-asia-western-europe-didnt.html

[5] Le Maroc

Le Royaume Chérifien parmi les champions

[7] Pour consulter l’intégralité du témoignage d’une française habitant Berlin

[8] https://www.theatlantic.com/international/archive/2020/04/angela-merkel-germany-coronavirus-pandemic/610225/

[9] Christian Drosten, considéré par certains allemands comme « the evil guy who is crippling the economy » [le méchant homme qui paralyse l’économie].

https://www.theguardian.com/world/2020/apr/26/virologist-christian-drosten-germany-coronavirus-expert-interview

Un portrait de Christian Drosten dans Sciencemag:

https://www.sciencemag.org/news/2020/04/how-pandemic-made-virologist-unlikely-cult-figure

[10] Selon une étude épidémiologique du MIT, le métro New Yorkais aurait été l’un des plus grands [voir le plus grand] vecteur de contamination du virus.

[11] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/dans-la-crise-du-covid-19-la-grece-n-est-plus-le-mouton-noir-de-l-europe_2124475.html

[12] Article concernant la fiabilité relative du comptage des morts paru dans le journal Le Monde

« Dans un grand nombre de pays, tous continents confondus, la comparaison des taux de mortalité d’une année sur l’autre fait douter des chiffres officiels fournis par les autorités. Le recueil des données se révèle partout difficile, tandis que certains Etats cherchent à minimiser l’impact sur leur sol de la pandémie. »

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/02/enquete-sur-les-morts-invisibles-du-covid-19_6038406_3244.html

[13] Tweet de de David Steadson du 8 avril

First issue we have is the government is constitutionally not allowed to « lead » on this. As part of an anti-corruption approach they’re not allowed to influence the government authorities, like the Ministry for Health, and essentially have to follow their advice

They’re also not legally able to restrict people’s movement except in an extremely limited way.

Here in Sweden, apart from close to permanent residence (and even that distance isn’t defined), you can’t even stop people wandering or even camping on your land – it’s a universal right of public access.

There was a new law passed today to give some more power, but it’s still limited, I haven’t studied it but I think they can now actually order shopping centres and restaurants to close.

So – the power lies with a small handful of bureaucrats. The most powerful of whom seems to be the Chief Epidemiologist, Anders Tegnell, with it would appear the support of his boss, General Director Johan Carlson

did a little research and discovered Tegnell did his Masters in Epidemiology in London where the UK’s Chief Medical Officer, Chris Whitty was a professor

Whitty was the one promoting the « herd immunity » idea in the UK before Imperial College presented the government with an analysis showing that could lead to millions of deaths. The UK government rapidly changed directions and called for a lockdown

The Swedish government doesn’t have that power, and I’m concerned that what is happening here is that Whitty and his former student Tegnell have a theory about how to deal with an epidemic, and they’re testing it right now, and Sweden is the Lab

PS: One of Tegnell’s predecessor at the Health Authority Johan Giesecke also did his Masters at the same London School of Hygiene and Tropical Medicine, so there seems to be a strong connection between the Authority and this school,

[14] Un schéma explique les risques que posent un recours à l’immunité de groupe pour le COVID-19

[15] Article écrit dans Slate [US] par un suédois de retour dans son pays après avoir passé 10 ans aux Etats Unis.

En résumé:

  • La Suède a fait le pari de l’immunité collective, malgré le retour d’expérience peu encourageant des autres pays
  • En raison du grand conformisme de la population suédoise, les voix dissonnantes n’ont [preque] pas de droit de cité dans la Presse, qui, presque unanimement, dresse les louanges de la réponse du pays. Ce qui est favorisé par le “complexe de supériorité” suédois.
  • Les recommandations des “experts” suédois a, sur certains sujets, plusieurs mois de retard sur le consensus scientifique des pays à la pointe de la lutte anti-Covid.

https://slate.com/news-and-politics/2020/04/sweden-coronavirus-response-death-social-distancing.html

[16] De plus en plus de voix de soignants et d’épidémiologistes suédois s’élèvent pour demander à ce que les autorités administratives du pays arrêtent de jouer avec le feu de l’immunisation de groupe, et prennent des mesures plus fortes.

https://www.medpagetoday.com/infectiousdisease/covid19/86256

[17] Ci-après un témoignage d’un français arrivé à Athènes le 2 mai : à l’arrivée dans le pays, tous les voyageurs subissent un test virologique un confinement à l’hôtel en attente des résultats [nuit d’hôtel, test et transfert à la charge de l’Etat grec]. Les procédures sont appliquées strictement, efficacement, … Mais également humainement.

Récit de voyage pour Athènes le 2 mai 2020 (COVID-19)

[18] Pourquoi la stratégie Néo-Zélandaise et Australienne [préférer l’éradication de l’épidémie à l’immunité de groupe] est la meilleure.

https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/apr/22/flattening-curve-new-zealand-coronavirus?CMP=Share_AndroidApp_Gmail

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